OPINION: Notre tourisme régional en 2018

Lacs et montagnes, nature et culture, soleil et neige, villes, villages et tourisme rural, gastronomie et hôtellerie de qualité, tout cela concentré dans un périmètre doté de réseaux de services et de communications que l’on parcourt aisément en quelques heures de voiture…

Ces critères ont fait de notre région l’une des plus touristiques du Québec.

L’enjeu, aujourd’hui, est d’amorcer le tournant qui lui permettra de conserver sa position en continuant à répondre aux attentes des touristes, d’ici et d’ailleurs.

Avec ses 9,7 millions de visiteurs par année, les 7 millions $ générés en nuitées et des retombées économiques de près de 800 millions $ qui soutiennent 20 000 emplois, on peut dire que le tourismedans les Cantons-de-l’est représente une force économique majeure. À titre comparatif, un pays hautement touristique comme la Grèce accueille 16 millions de visiteurs étrangers par année.

Si, jusqu’à tout récemment encore, les principales attractions touristiques de la région étaient le Zoo de Granby en été et les pistes de Bromont, montagne d’expériences en hiver, l’offre s’est grandement diversifiée au cours des dernières années. On n’a qu’à penser au Centre national de cyclisme de Bromont, les nouveaux « Coeurs villageois » que sont dorénavant Dunham, Lac-Brome et Waterloo, le vélo de montagne à Plein Air Sutton, le Centre d’interprétation de la nature et son Festival du monarque, le Parc national de la Yamaska qui bonifie son offre à chaque année, les innombrables restaurants, bistrots et auberges qui se réinventent sans cesse, les spas qui semblent pousser à chaque embranchement de route ; bref, on comprend mieux pourquoi la région se démarque de plus en plus et ce, malgré les caprices de la météo.

Source: CommercETourisme Granby

On comprend aussi que les nombreux efforts déployés par les différentes entreprises à caractère touristique et les associations régionales portent leurs fruits.

Au niveau international, on constate la même tendance, marquée par la recherche d’expériences «authentiques», en dehors des métropoles urbaines, où l’on prête à l’ailleurs «naturel» un éventail quasi infini de représentations et de vertus antithétiques à la condition citadine et aux contraintes qui peuvent lui être associées : aliénation professionnelle, difficultés économiques, contrôle social, encombrements, échecs urbanistiques, pollution, bruit, insécurité, temps compressé, cloisonnement des rapports sociaux. Autrement dit : offrez aux citadins un espace vert et ils viendront pour «fuir le stress urbain» et se payer «une cure d’apaisement psychologique».

Le danger, évidemment, est que notre belle région se densifie sans cesse, jusqu’à devenir centrale et urbaine à son tour.

Il faudrait alors réinventer globalement notre offre et proposer des itinéraires artistiques ou existentiels, des chantiers artisanaux ou coopératifs, des expériences de volontariat ou de bénévolat, tout en gardant à l’esprit l’équation utopique d’Ernst Bloch : «temps libre = espaces libres».

Oh, mais attendez!

Ça aussi, on le fait déjà…

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  1. Source : Tourisme Cantons-de-l’Est
  2. Source : Organisation mondiale du Tourisme
  3. Ibid.
  4. in L’Écho touristique, 2016
  5. Ernst Bloch, Le Principe espérance, tome 2 Les épures d’un monde meilleur, Gallimard (Paris), 1982
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